Источник: Richaudeau F.. La communication de masse. Cité par J.P. Laurent. – P.: Hachette, 1972.

Comment faire un exposé oral

L’exposé oral dans un cours de langue sert de prétexte pour créer une situation de communication. Vous devrez, à la fin de votre exposé, répondre aux questions de vos camarades de classe et animer une discussion sur ce que vous venez de dire.

L’exercice doit révéler que vous êtes capable de parler en public dans une langue étrangère, au moins pendant quelques minutes.

La participation de tout le groupe à la discussion est une occasion de mettre en pratique certains actes de parole:

    * exprimer son opinion, ses sentiments, son accord, son désaccord
    * raconter une histoire
    * demander des précisions ou un complément d’information.

Pour le groupe, la discussion qui suit l’exposé est une occasion de mieux se connaître, de découvrir les opinions, les expériences individuelles et la personnalité de ses camarades de classe. Cela contribue à diminuer la méfiance qui règne souvent dans les groupes dont les membres ne se connaissent pas.


Le choix du sujet

Le but principal est de bien employer ou d’améliorer ses compétences linguistiques tout en informant son public.

Il est également bon de choisir des sujets controversés. Les sujets qui ne suscitent aucun désaccord seront peu propices à la discussion. De plus, les sujets controversés offrent la possibilité de présenter le pour et le contre et d'inviter l’auditoire à prendre position et à justifier cette position. Et si votre sujet suscite des réactions, il en résultera automatiquement une discussion animée.


Préparation et présentation de l’exposé

La première étape consiste à rechercher des documents de soutien, des exemples et des données précises provenant, par exemple, de la presse, de la radio, de la télévision, de livres, etc.

La présentation sera sans doute plus efficace si vous y incorporez du matériel audiovisuel, et aura l’avantage d’agir sur tous les sens.

Pas question de lire un exposé élaboré. Vous devez pouvoir vous détacher de votre texte de base. Il faut se servir d’un plan et de notes comme aide-mémoire.

Vers la fin de l’exposé, il faut formuler quelques questions et problèmes à développer pendant la discussion avec votre public. Il est bon de laisser les gens parler d’eux et de leurs expériences personnelles: ils discuteront alors avec plaisir et auront des choses à dire. Vous devrez aussi faire attention à ce que disent vos collègues étudiants, commenter leurs exemples et essayer de suivre les idées intéressantes qui en émanent.


Structure de l’exposé

L’introduction

-        elle éveille l’attention des auditeurs

-        elle souligne l’intérêt du problème

-        elle situe le thème dans son contexte et le délimite

-        elle indique les objectifs poursuivis

-        elle introduit le thème central

-        elle présente la structure de l’exposé, les parties qui le constituent

-        l’introduction peut contenir p.ex. l’évocation d’un paradoxe, une question posée au public, etc.

-        Il faut déjà «accrocher» les auditeurs avec le titre

Le développement

-        c’est le corps de l’esposé

-        il doit être structuré en parties, avec à chacune son idée importante

-        commencer par l’idée principale, ou la plus compréhensible

-        faire des transitions entre les parties

-        faites une construction simple et logique

La conclusion

-      elle découle naturellement du développement

-      elle récapitule les idées principales pour introduire le message final ou l’idée forte (prise de position)


Différents types de plans:

Le plan chronologique. Il permet de décrire un processus qui se découle dans le temps.

Exemple:

Sujet: Les étapes de l’entreprise

But: Faire compredre son évolution

-        Plan: 1) La naissance de la maison-mère

2) L’installation des succursales

3) La situation actuelle

Idée forte (dans la conclusion): necéssité de restructurer.


Le plan spatial. Il est utile lors de la description d’un lieu géographique ou d’une situation qui a des implications spatiales.

Exemple:

-              Sujet: Les routes nationales en Suisse

-              But:  Montrer le développement du réseau

-              Plan: 1) La Suisse alémanique

2) La Suisse romande

3) Le Tessin

Idée forte (dans la conclusion): rééquilibrer les disparités régionales.


Le plan thématique. Dans ce genre de plan, on veut aborder des points d’égale importance et montrer leurs relations.

Exemple:

-        Sujet: La pollution

-        But:  Informer sur ses effets

-        Plan: 1) Conséquences sur l’environnement

2) Conséquences sur l’économie

3) Conséquence sur le pouvoir politique

Idée forte (dans la conclusion): nécessité de penser globalement et d’agir localement.


Le plan oppositionnel. Il permet de contraster le discours et de faire apparaître les points de vue.

Exemple:

-        Sujet: La télévision

-        But:  Informer sur ses effets

-        Plan: 1) Conséquences positives

2) Conséquences négatives

3) Evolution future

Idée forte (dans la conclusion): il faut apprendre à nos enfants à gérer cet outil.

Le plan causal. Il permet de faire la démonstration du lien étroit entre les choses.

Exemple:

-        Sujet: La pauvreté dans le monde

-        But:  Faire prendre conscience du désastre

-        Plan: 1) Donner la mesure du problème

2) Evoquer les causes, les effets et les conséquences

Idée forte (dans la conclusion): nous avons tous une part de responsabilité dans cette question.


Le plan principe/application. Il permet de faire le lien entre les intentions et les réalisations.

Exemple:

-        Sujet: L’égalité des droits hommes/femmes

-        But:  Dresser l’état de situation

-        Plan: 1) Les principes de la loi

2) Leur application dans les faits

Idée forte (dans la conclusion): nécessité de poursuivre les efforts et de mieux informer.


Le plan problème/solution. Il permet d’appuyer la démarche vers la recherche de solution

Exemple:

-        Sujet: La violence à l’école

-        But:  Faire prendre conscience du problème

-        Plan: 1) Le rôle des parents

2) Le rôle de l’enseignant

3) Le rôle de la société

Idée forte (dans la conclusion): c’est l’affaire de tous les partenaires.


Des termes de transition. Ils permettent de ne pas perdre les auditeurs en cours de route (contribue au fil conducteur).

Pour ajouter un élément: il convient également de citer, de la même façon, en plus  de ceci, etc.

Pour mettre deux termes en opposition: malgré ceci, et pourtant, d’autre part, etc.

Pour montrer qu’un terme découle de l’autre: il en résulte que, en conséquence, etc.

Pour relier deux points de vue différents: mais encore, dans le cas contraire, etc.

Pour insister sur un point: en effet, à vrai dire,il est certain que, etc.


L’expression du message

Quelques trucs pour lutter contre le trac

La visualisation anticipée de la situation. Pa  ssez en revue et par ordre d’ importance vos anxiétés, ce que vous pensez être des obstacles.

Détendez-vous à font tout en regardant le public...

Essayez de «vivre» par anticipation chaque situation (gens, disposition spatiale, supports).


Le regard est important

Il fait partie de la communication. Evitez le non-regard qui trahit de la peur et vous isole du public, le regard vague qui n’accroche pas les gens, le regard sélectif qui se pose sur une seule personne, ou va dans une seule direction.

Choisissez de poser votre regard alternativement sur chaque personne présente (petit groupe), ou de le diriger en direction des différentes parties de l’assistance (grand groupe).Veillez à ne pas «oublier»  les personnes situées sur les côtés.


Pensez au langage du corps

L’importance de la respiration. Une bonne respiration abdominale peut vous aider à surmonter vos peurs et contribue à vous mettre plus à l’aise et en confiance avec votre audience.

Le contrôle des gestes. Une gestuelle descriptive ou d’accompagnement peut renforcer un propos, mais une gesticulation excessive détourne l’attention de l’aiditeurr.

Avant tout, restez naturel et variez les mouvements.


Se servir de sa voix

Une voix bien posée nécéssite une bonne respiration. Ne pas craindre de parler à haute et intelligible voix.

Ne parlez pas trop vite et pas trop, donnez-vous le temps de bien articuler, car vous voulez qu’on vous comprenne.

Une intonation variée, avec des temps de pause, permet de mieux captiver l’attention des auditeurs.

Rappelez-vous que vous voulez convaincre, donc agissez en conséquence et mobilisez toute votre énérgie.


Gardez un bon contact avec l’auditoire

Avant l’intervention établissez des contacts dès que possible, par exemple en saluant des gens à leur arrivée.

Pendant l’intervention maintenez des contacts, par exemple en demandant l’avis de l’audience, ou en évoquant les compétences de l’un d’eux.

Après l’intervention, ne pas craindre les questions, mais veillez à réserver un bon accueil aux interventions, voire à les susciter. A respecter et essayer de comprendre le point de vue des autres, sans renier le vôtre. A reconnaître les erreurs et critiques qu’on vous signale.


Conclusion. Il y a trois règles pour faire un exposé oral réussi:

1)  bien se préparer

2)  bien se préparer

3)  bien se préparer.


Le texte pour l’oral/pour l’écrit


C’est en fonction de la communication directe qu’il doit être élaboré. Le texte destiné à être dit ne se présente pas de la même façon qu’un texte destiné à être lu. Le texte écrit est parcouru par le lecteur à son propre rythme: il peut s’arrêter, reprendre, relire… A l’oral, il n’en est pas question. Celui qui écoute décroche quand il ne comprend pas immédiatement. Et s’il décroche, l’objectif de l’exposé est manqué .

Entre l’oral et l’écrit il n’existe aucune frontière nette. Tout au plus peut-on opposer l’écrit plus linéaire à la structure dynamique de l’oral.

Voici néanmoins quelques principes de transposition utiles pour les exercices oraux pratiqués à l’école:

écrit


oral

Phrases complexes


Phrases simples, courtes

Tous les temps de la conjugaison


Pas de passé simple

Nominalisations


Verbes plus fréquents

Formes passives, actives, négatives


Formes actives, affirmatives

Mots précis, substituts


Redondances: répétions, reprises, paraphrases

A l’oral, ce sont les pauses qui délimitent les unités d’informations. Elles sont indispensables. Il vaut mieux laisser des pauses pour permettre à chaque auditeur de recevoir les informations. Ces pauses pleines ne sont pas à confondre avec des trous de mémoire ou des marques d’hésitation. A l’oral, ce sont les silences qui font la ponctuation du discours.

Pour la clarté et la précision de votre message, vous devez parfois employer des mots peu usuels; dans ce cas, définissez ces mots, commentez-les; mieux encore: illustrez-les par des exemples.

Plus le niveau culturel du destinataire est faible, plus vous devez répéter soit directement (répétition de mot), soit indirectement (périphrase, métaphore...) les notions principales de votre message.

Soyez plus redondant en expression orale qu’en expression écrite; n’ayez jamais honte en lisant la transcription de vos paroles, de vos répétitions et même de certaines incorrections. Les lois des langages efficaces oraux et écrits sont différentes; on ne peut juger l’un sur les critères de l’autre.


Последнее изменение: Среда, 24 Октябрь 2018, 17:05